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L´Offre et la Demande
Se procurer des cigarettes de contrebande, tout le monde connaît un bon filon. Un ami, un cousin, le cousin d´un ami. Le business « underground » à toujours existé, et même si ces produits restent légaux à l´utilisation ou la consommation, la pratique, elle, ne l´est pas.
En revanche, il est un milieu bien plus caché, bien plus enfoui sous terre où tout se vend et s´achète, parfois à prix d´or, un milieu où les lois semblent ne concerner que les « citoyens », ceux intègrent qui vont faire leurs courses aux supermarché, vont travailler pour nourrir leurs familles, et se couche le soir sans oublier d´avoir rempli la feuille d´impôt.
Il est donc un monde méconnu où les clés se passent de la main à la main selon l´accord le plus risqué au monde ; la confiance.
Au terme d´une expérience de plus de 4 ans, commencée en Juin 2003, j´ai réussi, sous le nom de Jeff Orlov, à me faire accepter au sein de cette communauté de l´ombre.
Les 3 lieux où j´ai tout commencé, étaient loin des clichés que l´on pouvait se faire du grand banditisme. On m´avait remit les clé d´un monospace, et 3 adresses à différent endroit de la banlieue parisienne. Pas d´usines désaffectés, d´immeubles à l´abandon ou de baraquements sous le périph´, mais 3 pavillons de banlieues, avec de jolies noms de rue. L´arrière de mon véhicule était remplit de cartons, scellés qui pesaient leurs poids. Un petit liasse de billet de 10€ et un post it traînait dans la boite à gants. Je connaissais déjà les adresses. Le post-it m´indiquait la plage horaire que je devais respecter. Je devais déposer entre 5 et 7 colis à chaque adresse, le tout en 2h de temps et parcourir près de 150km dans ma tournée. J´ai laissé le véhicule à l´endroit où je l´avais récupéré, sur un parking de supermarché, et je suis parti, 100€ en poche, pour une petite nuit de travail. Je me souviens avoir eu de la chance ce soir là, je n´ai pas croisé une seule voiture de police.
Je n´avais pas seulement accompli ma première mission, mais également prouvé ma valeur morale, en fermant les yeux sur ma cargaison, et prouvant que je pouvais assurer seul avec un volant entre les mains. Le test initiatique déterminant était maintenant derrière moi, je n´en avais pas encore conscience mais je venais de mettre les pieds dans le grand milieu de ceux qui ont le vrai pouvoir, celui de la peur.
J´appris lors de ma deuxième rencontre avec mon « consultant » -c´était le nom qu´il se donnait, moi, j´étais son « trader »- que les cartons que j´avais livré 3 jours avant étaient remplient de sable. Je n´ai pas eu d´autres informations sur les 3 adresses où je m´étais rendu.
Parallèlement, je suivais des études de musicologie en fac. A aucun moment, ma seconde vie ne venait perturber le déroulement de mon parcours universitaire. Il a bien dû arriver un ou deux matins où n´ayant pas réussi à me lever, j´ai raté quelques cours. Finalement, j´ai obtenu ma licence quelques semaines seulement après mon premier « job ».
Ma seconde tâche consistait à réceptionner un document, lequel me permettrait de récupérer un sac à dos dans une banque de dépôt dans les beaux quartiers de la capitale. Je devais me promener dans un grand centre commercial, attendre qu´un vigile me demande le droit de me fouiller les poches, et d´y trouver -comme par hasard- un petit paquet de piles. Il me demanda de le suivre jusque dans PC sécurité du magasin, et me posa quelques questions. Il savait qui j´étais car mon « consultant » m´avait prévenu, une casquette de golf, et « voler » des piles. Je repartais donc, avec mon paquet de piles et un sac banane remplit de billet de 50€. Il y a avait également un post-it avec le numéro d´un train, sa gare de départ et sa destination. Mais pas l´heure de départ. Je me suis donc précipité et j´ai payé en cash mon billet. Le post-it m´indiquait un numéro de voiture et qu´il devait y avoir un sac de voyage parmis d´autre dans un compartiment bagages au nom de Danny W. Je le prit et descendit à Toulon 5h après. J´attendis le soir le train du retour et un cortège de policier attendait à mon arrivée. Chance, ce jour là, j´ai voyagé avec une personnalité, un « ministre » qui se voulait proche du peuple. Cependant, c´est le 20minutes du lendemain qui me l´apprit.
Le sac au nom de Danny ne comportait rien de plus que le document et des billes de polystyrène. Pas d´autres instructions. J´ai alors essayer de prendre contact avec mon donneur d´ordres. Celui-ci mit 4 jours à me recontacter. Il me donna rendez-vous, me demandant de rapporter l´argent, et le document. Sur le trajet, je pris le temps d´ouvrir la chemise qui comportait ce fameux document. Apparemment, c´était un formulaire, estampillé « ministère de la défense », qui devait nous permettre -enfin nous ... mes supérieurs- de récupérer un conteneur dans un port au nord de la France.
Je remis le document, et on me laissa la moitié de l´argent du sac banane, et je rentrais chez moi pour terminer mon année universitaire.
Deux semaines plus tard, on me contacta pour me demander encore une fois de livrer un sac de sport. On ironisa sur le fait que j´avais de la chance et que si tout ce passait bien, je pourrais partir en vacances d´été blindé de thunes. En effet, le boulot était des plus simples. Un sac, un point A et un point B. Ce que je ne savais pas encore, c´est que la personne à qui cette tache devait être confiée avait été tuée dans un accident de voiture. C´est mon point B qui m´apprit la chose. Pour la première fois, je me montrait curieux, je demandais alors ce que contenait ce foutu sac (assez lourd d´ailleurs et d´une rigidité incroyable). Monsieur B sorti un cran d´arrêt, et avec le sourire me tourna le dos et entailla le sac. Je venais de transporter un sac remplit de cocaïne, sûrement pure, traversant Paris un samedi après midi, du nord au sud. Avec quelques choses comme potentiellement la prison à perpétuité et des emmerdes comme pas possible. L´adrénaline me fit un bref dixième de seconde perdre conscience. Au final, j´étais reparti avec un plus petit sac, avec pas moins de 4000€ en liquide, un genre de sourire qui exprimait mon sentiment d´impunité et toujours cet étonnement ; Quelle facilité !
En 3 mois de temps, j´ai transporté une bonne centaine de kilos de toutes les drogues connues. Je garde un souvenir tout particulier d´une transaction, ou je fus payé en tickets restaurant ! Mes contacts étaient toujours les mêmes : mon consultant, et d´autre membres de notre organisation, qui recevaient, me payaient et parfois jouaient quelques cartes quand ils avaient le temps. Le meilleur souvenir de cette période fut la livraison à un membre bien connu du showbiz qui voulait fêter l´anniversaire de départ de son ex. En réalité, cela faisait deux semaines qu´elle était partit. Cette fois ci, mon colis tenait dans la poche intérieure de ma veste, une petite pochette remplie de timbre. Encore une drogue, du genre Kétamine ou LSD ou je ne sais quoi. Une fois mon contrat finit, il me convia à sa petite fête qui devait avoir lieu les deux jours suivants. J´avais fait la connaissance de la bonne personne. Il devint mon « consultant », bien mieux placé, je me tapais des paies astronomiques. Et j´avais déjà les moyens de m´acheter, en cash, un petit studio au coeur de Paris. Ceci posait aussi un problème. L´argent prenait de plus en plus de place dans ma chambre. Il fallait que j´en fasse quelque chose, mais je me voyais mal aller à la banque avec mes 200´000€ et demander d´ouvrir un compte.
Mon nouveau consultant me donna la solution. Il me blanchissait mon argent en échange de placements boursiers où j´étais maître de toutes les transactions. Il me confia quelques autres tâches d´acheminements. J´avais un peu peur de la suite.
Et c´est au début de cet hiver que je me vis confier mes premiers transports d´armes de guerre. Fusils d´assaut, arme de poings, grenades, et fusils de précision. Deux jours avant le nouvel an, ma dernière livraison en tant que « trader », j´ai livré deux armes de poings gros calibre à un employé d´un hôtel proche du parc Disney. Mon contact me prit mon colis, en me laissant un « Baksheesh » ! Apparemment ces petits jouets étaient destinés au fils d´un vacancier du Moyen-Orient, qui n´allait pas tarder à fêter ses 18 ans.
Aujourd´hui c´est moi qui vends. J´ai tisser assez de liens en 4 ans pour que mes « supérieurs » m´accordent le droit de vendre ce que j´ai à vendre dans un certains secteurs. Comme je vous l´avais déjà dit, tout s´achète et tout se vend. Les acheteurs se font connaître et il suffit de savoir où trouver ce dont ce dernier à besoin. A l´heure où j´écris ces lignes, J´ai 4 fusils à vendre. Trois d´assauts et un de précision, qui ont déjà un seul et même acheteur, mais le temps d´importer les munitions de deux d´entre eux, ils restent au chaud dans un lieu où personne n´irait jamais les chercher. Je les ai sorti une soirée afin de les faire photographier par un membre de votre équipe.
Contre 7'000 €, je vous fournis le même arsenal, avec 32 munitions pour chaque et 10 pour le sniper SL8. Je ne pose pas de question. Et ... je ne tiens pas de registre.
On dit bizarrement aujourd´hui que c´est l´offre qui créée la demande. Je prouve le contraire. Je suis l´offre. Et ce uniquement parce qu´il existe une demande. étrange société.
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